DÉFINITION
GMAO : définition et fonctions réellement utilisées
GMAO est l’acronyme de « gestion de maintenance assistée par ordinateur ». Il désigne un logiciel qui centralise les équipements d’un site, les demandes d’intervention, les bons de travail et l’historique des opérations réalisées. Son objet est de savoir ce qui a été fait sur chaque machine, quand, et par qui.
GMAO ou CMMS ?
Ce sont deux noms pour la même chose. CMMS — computerized maintenance management system — est le terme anglais. L’usage est nettement géographique : « GMAO » domine en France, en Belgique, en Suisse et en Espagne, tandis que « CMMS » l’emporte en Allemagne, en Pologne et en Italie. Un éditeur qui vous parle de CMMS sur un marché francophone traduit rarement bien son produit.
Ce qu’une GMAO contient
Les produits du marché s’organisent autour des mêmes entités. Deux méritent d’être distinguées, car on les confond souvent :
- La demande d’intervention — un opérateur signale un problème. Il n’intervient pas, il alerte. C’est une entité distincte du bon de travail chez huit produits sur neuf, et c’est ce qui permet de donner un accès gratuit et illimité à ceux qui ne font que signaler.
- Le bon d’intervention — le travail lui-même : assigné, réalisé, clôturé, avec son relevé et ses photos. C’est lui qui porte la valeur de preuve.
- L’équipement, organisé en arborescence, qui sert de point d’ancrage à l’historique et aux étiquettes QR.
- La gamme — la suite ordonnée des opérations d’une intervention. Terme métier français sans équivalent : les produits anglo-saxons parlent de checklist, ce qui est plus pauvre.
- Le plan de maintenance préventive, qui déclenche les interventions récurrentes.
Le phénomène réel n’est pas l’échec, c’est la sous-utilisation
Une enquête menée auprès de 299 responsables maintenance montre un écart considérable entre les modules du noyau et les modules périphériques. Le classement est stable et il vaut comme ordre de priorité :
- Maintenance préventive
- 86 %
- Bons d’intervention
- 84 %
- Parc d’équipements
- 78 %
- Gestion des pièces détachées
- 43 %
- Achats et commandes
- 30 %
Autrement dit : le noyau — préventif, bons d’intervention, équipements — est utilisé par plus de huit clients sur dix, tandis que les pièces et les achats le sont par moins d’un sur deux. Choisir une GMAO sur la richesse de son module achats revient à payer pour la partie que personne n’ouvre.
Le vrai concurrent est le papier
Dans les sites industriels, les relevés papier (39 %) et les tableurs (52 %) coexistent avec une GMAO installée (59 %) — ces pratiques ne s’excluent pas. Un technicien ne peut pas être contraint d’utiliser un logiciel : il peut toujours revenir au carnet dans sa poche. C’est pourquoi la rapidité de saisie compte davantage que la richesse fonctionnelle, et pourquoi un outil qui exige du réseau là où il n’y en a pas finit systématiquement remplacé par un bout de papier.
Le registre numérique est licite
L’article R. 4323-27 du Code du travail prévoit que le registre de sécurité et les rapports de vérification « peuvent être tenus et conservés sur tout support ». L’arrêté du 2 mars 2004 précise ce que chaque opération doit consigner : date des travaux, intervenants, nature de l’opération, périodicité si elle est récurrente, et références des pièces remplacées. L’article D4711-3 fixe la conservation aux documents des cinq dernières années et, en tout état de cause, à ceux des deux derniers contrôles — les deux conditions se cumulent.